Winter is coming : des cyberattaques en vue pour 2018

“Winter is coming”. Le nouveau directeur général de la Direction nationale de la cyber-sécurité israélienne a voulu marquer les esprits en reprenant cette célèbre phrase culte de la série maître de HBO. Selon Ygal Unna, le rayon des cyber-attaques serait en train de s’élargir et le risque deviendrait de plus en plus important. Même analyse pour l’ancien directeur de la CIA.

 

Le général Petraeus insiste sur la “créativité diabolique” des “sales types” qui ne cessent de décupler leur puissance de nuisance. “Les développements technologiques dépassent notre imagination stratégique”, a-t-il prévenu. Gil Shwed, le PDG de Check Point, s’est aussi montré très alarmé par le niveau de préparation d’une majorité d’institutions et d’entreprises mondiales qui ne disposent pas des protections les plus élémentaires. “Nous en sommes à la cinquième génération d’attaques”, a-t-il précisé. Les protections largement en place “en sont encore à la deuxième ou à la troisième génération”. D’ici à 2021, le coût global des atteintes à la cyber-sécurité atteindrait 6 trillions de dollars, selon un rapport de consultants internationaux de chez EY, doublant ainsi les chiffres de 2015.

 

Des pistes de solutions

 

De plus en plus attirés par les enjeux politiques et financiers, les pirates se multiplient et redoublent d’ingéniosité. L’évolution technologique favorise aussi les opportunités d’attaque, notamment le développement des objets connectés, nouvelles cibles des hackers. Shwed a pointé qu’à l’avenir, un “logiciel de nano-sécurité” serait installé sur chaque appareil, contrôlant les connexions de l’appareil au reste du monde. “Ce sera un petit logiciel, open source, qui peut être mis sur n’importe quel appareil IoT ou cloud et connecté avec un système de contrôle de l’intelligence qui peut prédire et détecter les attaques.”

 

Les entreprises ou institutions à la traîne peuvent encore prendre le train en marche grâce à des investissements notamment dans l’IA. Marc Van Zadelhof, directeur général d’IBM Security, prédit que l’intelligence artificielle “fera une énorme différence” d’ici quelques années. Mais c’est une nouvelle arme à double tranchant nuance-t-il, “une guerre est à venir, opposant bonne IA à mauvaise IA”. Pour faire face à ces menaces, il faut une concertation internationale plus large selon Ygal Unna qui milite pour “la formation d'une cyber-coalition internationale, dans le cadre d'une approche globale ".

 

Forces et faiblesses israéliennes

 

Eran Margalit, président du fonds d’investissement JVP, a révélé que les plans des sous-marins israéliens, fabriqués par le groupe allemand ThyssenKrupp avaient été hackés par des Iraniens. Difficile revers pour une nation réputée pour la qualité de son renseignement. Margalit affirme qu’“Israël peut se protéger seul mais lorsque le pays traite avec d’autres pays, il faut s’assurer d’une protection maximale et c'est pourquoi nous avons besoin d'un niveau plus élevé de coopération”.

 

Cependant l’Etat hébreu a prouvé cette année encore qu’il était l’un des leaders du secteur. Pour preuve, l’attaque WannaCry a à peine effleuré les entreprises israéliennes qui ont encore gagné des parts de marché. Avec plus de 400 start-up actives et 16% de l’activité mondiale dans le domaine (15% en 2016), la cyber-sécurité israélienne a vu ses investissements progresser de 28% en deux ans.


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