Sécurité et établissements pénitenciers

Les établissements pénitenciers sont confrontés à des individus qui tentent de jeter des chaussettes lestées par dessus le mur d’enceinte de la maison d’arrêt d’Évreux, les policiers ont décidé d’agir et de mettre en place un dispositif de sécurité ad hoc. En effet, ce genre de technique de ravitaillement illicite des prisonniers devrait bientôt disparaître. En effet, depuis le 18 novembre dernier, des travaux sont effectués à la prison. Un filet anti-projection va être installé au-dessus de la cour. Le précédent n’avait pas résisté aux chutes de neige en 2010. Depuis, il n’avait jamais été remplacé. Des caméras de vidéosurveillance complèteront le dispositif. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

 

Régulièrement en souffrance, les établissements pénitenciers doivent réaliser des investissements de plus en plus importants pour améliorer les conditions de détention et prévenir les futures défaillances de sécurité. Voici un tour d’horizon des dispositifs potentiellement activables : 

 

Les filins anti-hélicoptère 

 

Tendus au-dessus des cours, ils ont vu leur maillage resserré et renforcé ces dernières années. Ils équipent bien la prison de Réau, d'où s'est échappé Redoine Faïd (on se remémore les nombreuses affaires qui ont fait grand bruit dans les médias). Mais la cour d'honneur, où s'est posé l'hélicoptère qui a embarqué le braqueur, est « le seul endroit pas équipé de filet anti-aérien » car « les détenus n'y passent jamais, sauf pour sortir de la prison », explique au Parisien Martial Delabroye, secrétaire FO du centre pénitentiaire Sud-Francilien. Personne n'a par ailleurs pu neutraliser l'hélicoptère puisque aucun mirador - seul endroit où les agents sont armés - n'a de visibilité sur cette fameuse cour. Ce qui, dans cette affaire, fait soupçonner des opérations de repérage d'ampleur.

 

 

Législation anti-drone

 

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a expliqué que ce repérage avait pu être fait par des drones, aperçus au-dessus de la prison quelques mois avant l’évasion.  Le survol de drone est un problème pour la livraison d'objets comme pour les éventuelles évasions.

En dehors des mesures prévues par le plan Taubira datant de 2013, le ministère de l'Intérieur avait fixé une nouvelle réglementation le 24 octobre 2016, qui dicte notamment les espaces où les « aéronefs télépilotés » ont interdiction de voler. Une carte est disponible sur le site Geoportail. Cette réglementation est logiquement entrée en vigueur en septembre 2018.

 

Glacis

 

Les glacis font partie des système anti-projection qui doivent permettent de lutter contre le « parachutage » d'objets dans les cours (portables, drogue…). Il s'agit d'un mur grillagé de plusieurs mètres qui entoure les murs de la prison. Un large espace est laissé entre le grillage renforcé et la paroi existante. L'idée est simple : il est plus difficile de lancer un projectile lorsque l'on se situe à plusieurs mètres d'un mur plutôt que quand on est à ses pieds.

 

Câbles à choc

 

Parfois, en plus des glacis, les parois sont agrémentées de câbles à détection de chocs. Ils sont constitués de capteurs connectés à une unité d'analyse électronique. Le but est de détecter les tentatives d'escalade. Les coupures sont également signalées par les capteurs qui déclenchent une alarme. Un ensemble de dispositifs dits « anti-franchissement » (fossé, clôtures supplémentaires…) ne cessent d'évoluer en fonction des menaces et rendent la prison quasi impénétrable par ses parois. Les récentes évasions se sont faites par les airs ou profitant d'un déplacement du détenu (hôpital, permanence…)

 

Portiques à ondes millimétriques

 

Ces portiques sont censés réduire la nécessité des fouilles corporelles, dont la récurrence est dénoncée par l’Observatoire International des Prisons (OIP). Les portiques permettent la détection de tout produit ou objet qu'un individu porte sur lui lors d'un contrôle. Selon l'administration pénitentiaire, il s'agit d'une détection dite « surfacique » permettant de visualiser à l'écran la présence d'objets métalliques, plastiques, liquides, semi-liquides, en papier, « y compris lorsque dissimulés entre les vêtements et la peau de la personne contrôlée ». Compte tenu du coût (160 000 euros), le dispositif n'est pas installé dans toutes les prisons. Sont prioritaires les maisons centrales et quartiers maisons centrales, ainsi que les maisons d'arrêt accueillant des profils sensibles. 

 

Portiques de détection de masse métallique

 

Faute de pouvoir installer des protiques partout, près de 1000 portiques de détection de masse métallique (3 500 euros l'unité) sont installés au niveau de portes d'entrées principales (pour le personnel, les intervenants, les familles..) mais aussi au niveau des circuits empruntés par les détenus. 

 

Brouillage de téléphone

 

Les téléphones portables envahissent les établissements pénitentiaires. Autorisés depuis 2001, des brouilleurs équipent la quasi-totalité des établissements mais leur efficacité est remise en cause (faible portée, murs trop épais, déclenchement d'alarme intempestif…). 

 

Vidéosurveillance 

 

Les caméras se sont aussi multipliées dans les établissements pénitentiaires, dont l'installation était aussi prévue dans le plan Prison de 2013. Mais comme pour le brouillage de téléphone, de nombreuses défaillances ont été notées.

 

Nous resterons au fait de cette actualité là et ne manquerons pas de vous tenir informés des dispositifs en développement et des différents plans qui viendront améliorer les conditions de travail en établissement pénitencier. 

 

 

 


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