Une triple action pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports

 

Les chiffres sont formels, une femme sur deux dit avoir peur de prendre les transports en commun, neuf sur dix y ont déjà subi des faits de harcèlement, voire d’agression et 43% des faits de violences grave contre les femmes se produisent dans les transports - c'est plus que dans la rue. Alors, pour répondre à cela, les pouvoirs publics ont lancé une campagne de communication qui aura un triple objectif : sensibiliser, informer, mais aussi dissuader les agresseurs.  Dans la foulée, une numéro d’alerte et une application smartphone !

 

Une campagne de communication, une appli et un numéro d’urgence

 

La campagne se veut "un peu choc" souligne la présidente du Conseil régional d'Île-de-France Valérie Pécresse, "pour faire ressentir la peur qu'ont les femmes quand elles sont dans les transports en commun. Ce ne sont pas les hommes que l'on stigmatise, ce sont les prédateurs ».

 

L'idée n'est pas seulement de libérer la parole, mais de donner les outils aux victimes pour se déclarer. Le numéro d'alerte 31 17 existe depuis 2015, la campagne a pour mission de le faire connaître, pour que les témoins aient le réflexe de le composer quand ils assistent à une agression. S'ils craignent pour leur sécurité, ils peuvent aussi envoyer un sms au 31 177, pour plus de discrétion, ou utiliser l'application à télécharger sur son portable. Les agents de la SNCF et de la RATP pourront alors géolocaliser l’agresseur et intervenir.

 

La campagne est "un peu choc pour faire ressentir la peur qu'ont les femmes quand elles sont dans les transports en commun, précise la présidente du Conseil régional d'Île-de-France Valérie Pécresse. Ce ne sont pas les hommes qu'on stigmatise, ce sont les prédateurs."

 

Une intervention rapide des services de sécurité de la SNCF et de la RATP

 

Grâce au numéro et à l'application, la SNCF et la RATP assurent qu'elles pourront intervenir plus rapidement en cas d’agression. Les personnels pourront s'appuyer sur les caméras de surveillance du réseau : "Nous en avons 35 000 caméras embarquées et 15 000 fixes sur le réseau RATP, précise Catherine Guillouard, la présidente de la RATP. C'est un réseau très dense. L'avantage, c'est qu'à la demande de la justice, on peut produire les vidéos, ce qui peut mener à une sanction."

 

La campagne se poursuivra jusqu'au 27 mars. Des messages d'informations seront aussi diffusés dans les gares, à l'image de ceux qui préviennent de la présence de pickpockets. Par ailleurs, le ministre de l'intérieur Gérard Collomb a confirmé ce lundi que le gouvernement retenait le principe d'une amende forfaitaire pour sanctionner les auteurs de harcèlement. Cette infraction devrait être mis en place dans "les mois à venir", selon Gérard Collomb. Un rapport parlementaire sur le sujet préconise une amende de 4e classe, c'est-à-dire allant de 90 à 750 euros.


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