Notre Dame de Paris : une protection incendie défaillante

Plus de six mois après l'incendie dramatique de la cathédrale Notre Dame de Paris, on commence à en savoir plus sur les défaillances du système de protection incendie.

 

Il faut rappeler que l’organisation de la sécurité incendie à Notre-Dame de Paris était répartie entre trois acteurs. D’un côté, une société de sécurité privée, un de ses agents est chargé de surveiller l’unité de gestion des alarmes située au PC sécurité. En cas d’alarme, il alerte un second agent qui, lui, est salarié du diocèse. Mais si l’alarme se déclenche dans les tours du parvis, c’est un troisième agent, salarié du ministère de la Culture, qui est alors chargé de procéder à une "levée de doute". Non seulement ces trois personnes chargées de travailler ensemble ont donc trois employeurs différents, mais le contrat signé à partir de 2016 prévoit qu’il n’y ait plus qu’un agent de la société privée sur place, contre deux auparavant.

 

Aussi, selon des agents de la société de sécurité privée, bien avant l'incendie, l’unité de gestion des alarmes se déclenchait souvent sans raison. "On ne parvenait pas à la réenclencher ensuite, donc l’alarme ne jouait plus son rôle, expliquent-ils. Quand on remontait les dysfonctionnements, on devait envoyer un fax à notre patron, c’est lui qui se chargeait de le transmettre au ministère de la Culture. Mais ces rapports étaient une source de tension avec notre hiérarchie, et rien ne changeait. Donc, on signalait de moins en moins les alertes." À cela s’ajoute une mauvaise communication entre les différentes parties impliquées dans la surveillance de la cathédrale. Si des membres du ministère de la Culture et les sapeurs-pompiers se retrouvent régulièrement pour faire le point, jamais ils ne sollicitent les agents chargés de la sécurité.

 

Des problèmes qui ont l'air de se manifester en cascade. En effet, C’est dans ce contexte qu’un nouvel agent de la société de sécurité prend ses fonctions quelques jours à peine avant que l’incendie ne se déclare. Lorsque l’alarme se déclenche le lundi 15 avril 2019 à 18h16, il est coincé dans le PC sécurité. Peu familier des lieux, il aurait indiqué que le départ de feu se trouvait dans les combles de la sacristie. En réalité, il est parti des combles sous la flèche : les pompiers ont donc été appelés plus d'une demie-heure après le déclenchement de la première alarme, alors que le feu s’était déjà largement propagé. 

 

Les difficultés commençant a être découvertes, il reste maintenant à prendre acte de celles-ci pour s'assurer que la protection incendie puisse être d'une fiabilité optimale même si le risque zéro semble difficilement (et plutôt logiquement) inatteignable. 

 

 

 

 


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