Que disent les autorités françaises sur la reconnaissance faciale?

 

Les autorités françaises se sont enfin prononcées sur la question délicate de la reconnaissance faciale. À quelques semaines de la sortie de l’application Alicem (ndlr. le dispositif d’authentification certifiée en ligne sur mobile), le débat sur l’authentification biométrique est houleux. En effet, le gouvernement, conscient de la discorde sur ce sujet, a entamé une opération de sensibilisation pour rassurer.

 

Cédric O, le secrétaire d’État au numérique s’est prononcé sur le sujet et reconnaît que « "le cadre d’utilisation n’[a pas] encore été clarifié ». Il admet également que certains usages, "s’ils sont bordés juridiquement et techniquement, ne posent aucun problème et apportent de la simplification. Il va probablement falloir assouplir les règles afin d’effectuer des tests… Il entrevoit une solution : « Créer en coordination avec la CNIL une instance spécifique, composée de membres issus de différentes administrations et régulateurs », une sorte de police de la reconnaissance faciale qui serait chapeautée par des « chercheurs et de citoyens. » 

 

Alicem, pour quand?

 

Pour le moment rien n'est arrêté d'après le secrétaire d'État. En dehors de la CNIL, hautement mobilisée, d'autres organismes proches de l'état sont en train de dessiner le cadre d'utilisation de la vidéosurveillance et de la reconnaissance faciale. L’État compte prendre son temps et assure que l’application sortira dans un contexte et des études favorables, avec une qualité irréprochable. Jerôme Letier, directeur général de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) insiste également sur le fait qu'il n'y aura « aucun stockage des données de reconnaissance faciale. » Pas question non plus de « mettre en place une société de surveillance comme en Chine », Alicem servira uniquement à créer une identité numérique forte. Mais qu'on le veuille ou non, l'application est aussi un vecteur de banalisation de la reconnaissance faciale, avec les risques que cela implique.

  

À voir donc, nous restons connecté sur le sujet.


Écrire commentaire

Commentaires: 0