Peut-on rendre publique la vidéosurveillance pour retrouver des voleurs?

La réponse est non ! Afin de retrouver les personnes qui lui avaient volé un manteau, une commerçante du centre-ville de Reims a choisi de publier un extrait de sa vidéosurveillance sur les réseaux sociaux. Mais cette pratique est illégale.

 

Rappel des faits 

 

Pourtant filmé par les caméras de vidéosurveillance d'une boutique de vêtements de Reims, un couple a volé un manteau de fourrure le 9 décembre, en début d'après-midi. En fin de journée, la gérante visionne les images et constate le larcin.

 

"C'est vraiment énervant parce qu'on invertit dans un système de caméras, ça ne les dissuade pas. Elle a mis sa fourrure dans son pantalon et l'alarme n'a pas sonné", constate Stéphanie Meuret, qui estime avoir affaire à des "voleurs professionnels". Après les avoir recherchés dans les rues de Reims, la commerçante excédée décide le lendemain de poster les images sur sa page Facebook "Elle a eu pas mal de succès, j'ai eu énormément de soutien, constate-t-elle. Des commerçants sont intervenus et m'ont dit qu'ils les avaient aperçus."

 

Une initiative répréhensible

 

Néanmoins, Stéphanie Meuret reçoit des mises en garde de la part d'internautes, notamment sur le droit à l'image. La publication sur les réseaux sociaux d'extraits de ses caméras de surveillance pourrait s'avérer répréhensible. "J'ai dépublié la vidéo, l'ai republiée... Et puis je me suis dit « Mince, ils n'ont qu'à venir porter plainte contre moi et dans ce cas-là on les arrêtera! »" s'exclame-t-elle.

 

Mais dans l'article 254-1 du code pénal, il n'est pas permis d'utiliser des images de vidéosurveillance à d'autres fins que celles  pour lesquelles elles sont autorisées."[Mme Meuret] justifie la diffusion de ses images de vidéosurveillance sur Facebook pour tout d'abord sensibiliser ses collègues commerçants de l'existence de ces personnes qui commettent ce genre de méfaits à  une période particulière de l'année, observe Maître Mourad Benkoussa, avocat à Reims. Elle le fait aussi et surtout l'identification de l'auteur de ces infractions. On est au XXIe siècle, c'est un peu le "au voleur au voleur!" utilisé au siècle dernier."

 

Qui peut diffuser?

 

Une autre question se pose. Ces systèmes de surveillance, soumis à autorisation préfectorale, ne permettent qu'aux seuls responsables de sécurité ou à la direction d'un  magasin de visionner les images. Une diffusion grand public n'est donc pas autorisée. À cette heure, les internautes semble plébisciter la détermination de la commerçante.


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