La vidéosurveillance pour lutter contre les décharges sauvages


Le gouvernement souhaite autoriser les forces de l’ordre à exploiter davantage les images de vidéosurveillance. Une réforme qui ne ferait que poursuivre des politiques déjà appliquées dans certaines communes.

 

Prenons exemple de la forêt de Compiègne où de nombreux déchets sont abandonnés. Des caméras de vidéosurveillance ont été installées sur la cime des arbres de ce massif forestier de l’Oise. Cette opération a été lancée pour l’Office National des Forêts (ONF). Ces caméras dissimulées n’ont pas pour vocation d’épier es promeneurs et se concentrent sur la traque des pollueurs,  notamment les entreprises du BTP qui se rendent coupables de dépôts de déchets sauvages. Selon Arielle François, vice-présidente du syndicat mixte du département de l’Oise (SMDO) et citée par le quotidien, cette situation est due à la fermeture "il y a cinq ans" des "locaux de stockage d’amiante dans les déchetteries. Depuis les dépôts sauvages s’accélèrent".

 

Les caméras sont des dispositifs thermiques qui surveillent les endroits clés de la forêt. Leur nombre et l’endroit où elles sont situées sont bien entendu gardés secrets. Les photos ou vidéos enregistrées par les caméras servent ensuite de preuves lors des procédures judiciaires engagées contre les personnes coupables de dépôt sauvage. Une pratique très polluante qui concerne principalement les entrepreneurs ou les artisans qui ne peuvent avoir accès gratuitement aux déchèteries contrairement aux particuliers. Les professionnels doivent payer entre 5 et 20 euros le m3 de déchets déposés en fonction du type d’ordure. Pour certains types de déchets comme les peintures, solvants et autres "déchets diffus spécifiques", le coût est plus élevé : 30 euros pour 0,05 m3.

 

Cette problématique d’ordre financier pousse de plus en plus de professionnels à jeter leurs ordures dans des endroits retirés. Un entrepreneur local explique : "Le souci c’est qu’on est contraint à 4m3 par semaine. En plus, les bennes sont souvent pleines. Ceux qui ne veulent pas revenir trouvent une autre solution". Le SMDO , lui, dénonce des actes de "délinquance". Chaque année, ces agissements coûtent entre 50.000 et 70.000 euros à l’ONF pour nettoyer la forêt de Compiègne. En une seule sortie en 2018, les agents de l’Office ont retrouvé 12m3 de déchets du BTP. Désormais, ils pourront traquer plus facilement les pollueurs et punir leurs agissements. Les personnes qui se rendent coupables de dépôt sauvage sont passibles d’une amende de 1.500 euros et doivent nettoyer la zone polluée.

 

Avec ses 14.000 hectares, la forêt de Compiègne représente la troisième plus grande forêt de feuillus après celle d’Orléans et Fontainebleau. Alors, même avec l’appui de la vidéosurveillance, il reste une donnée déterminante qui manque à l’appel : une solution politique et des investissements qui pourront satisfaire l’ensemble des parties.

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